{"id":379,"date":"1993-11-18T16:20:22","date_gmt":"1993-11-18T15:20:22","guid":{"rendered":"http:\/\/acmstudio.net\/gmwp\/?p=379"},"modified":"2018-11-18T16:33:05","modified_gmt":"2018-11-18T15:33:05","slug":"les-cahiers-de-linvisible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/acmstudio.net\/gmwp\/index.php\/1993\/11\/18\/les-cahiers-de-linvisible\/","title":{"rendered":"Les Cahiers de l&rsquo;invisible"},"content":{"rendered":"<p><em>Dans un temps futur, la catastrophe \u00e9cologique a r\u00e9pandu la famine. Les \u00ab\u00a0Adorateurs\u00a0\u00bb, ayant mis au point une m\u00e9thode agricole r\u00e9volutionnaire, ont convaincu les \u00e9lecteurs de les porter au pouvoir. Ont-ils des facult\u00e9s supra-naturelles ? Ou bien ne sont-ils que des escrocs ?<\/em><\/p>\n<p><em>En parall\u00e8le, sur une plan\u00e8te lointaine, un jeune officier en mission d\u00e9couvre l&rsquo;enregistrement d&rsquo;un t\u00e9moignage \u00e9trange : L&rsquo;individu qui s&rsquo;exprime dans cette vid\u00e9o ancienne fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements sur une plan\u00e8te inconnue, la \u00ab\u00a0Tezrre\u00a0\u00bb&#8230;<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h6 style=\"text-align: center;\">Chapitre I<\/h6>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00e0 partir de quoi&#8230;<\/em><\/p>\n<p>&#8230;avan\u00e7aient sur le large boulevard, marchant lentement et silencieusement, arborant de grandes banderolles blanches avec pour tout slogan : \u00ab\u00a0Chassez les affameurs\u00a0\u00bb, \u00e9crit en rouge. La colonne de manifestants, peut-\u00eatre plusieurs milliers d&rsquo;hommes et de femmes, tous v\u00eatus d&rsquo;une toge rouge vif un peu informe, envahissait compl\u00e8tement la chauss\u00e9e, progressant d&rsquo;une allure grave en direction du Minist\u00e8re. Face \u00e0 eux, formant un barrage d&rsquo;uniformes, de boucliers et de casques d&rsquo;un luisant gris sombre, se tenait un imposant cordon de Milipol en tenue anti-\u00e9meutes. Ils n&rsquo;\u00e9taient plus qu&rsquo;\u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres les uns des autres. De rares badauds, \u00e9pat\u00e9s, attendaient, dans une exci-tation contenue, le choc de ces deux arm\u00e9es.<\/p>\n<p>Un sergent Milipol, debout pr\u00e8s du v\u00e9hicule blind\u00e9 gar\u00e9 en retrait sur le bord du boulevard, saisit son talkie-walkie.<br \/>\n&#8211; Ils continuent \u00e0 approcher, mon commandant, lan\u00e7a-t-il nerveusement.<br \/>\n&#8211; Vous ne bougez pas, gr\u00e9silla une voix dans l&rsquo;appareil. Vous tenez la position.<br \/>\n&#8211; Et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fait si&#8230;<br \/>\n&#8211; Vous tenez la position, hurla la voix, vu ? Il n&rsquo;est pas question que les manifestants progressent davantage vers le Minist\u00e8re. De toutes fa\u00e7ons, sergent, ils vont faire comme d&rsquo;habitude : s&rsquo;arr\u00eater \u00e0 un m\u00e8tre ou deux, et vous fixer dans les yeux. C&rsquo;est leur tactique de guerre psychologique.<br \/>\n&#8211; A vos ordres, mon commandant, r\u00e9pondit le sergent d&rsquo;une voix peu assur\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Dites, sergent, reprit la voix nasillarde dans l&rsquo;appareil, qu&rsquo;est-ce que vous avez comme journalistes sur le coup ?<br \/>\n&#8211; Pour l&rsquo;instant, pas trop de monde, mon commandant. Quelques photographes, et une seule \u00e9quipe de t\u00e9l\u00e9.<br \/>\n&#8211; Bon, fit la voix. Dites, s&rsquo;il y a du grabuge, vous fa\u00eetes comme d&rsquo;habitude, hein ? Parce qu&rsquo;en ce moment, avec les \u00e9lections, j&rsquo;aime mieux vous dire que le Ministre&#8230;<br \/>\n&#8211; A vos ordres, mon commandant.<\/p>\n<p>Le cort\u00e8ge de manifestants continuait sa progression d&rsquo;un pas sourd et solennel. Mais l&rsquo;allure ralentissait \u00e0 mesure que les deux fronts s&rsquo;approchaient. Dans les rangs Milipol, certains hommes tremblaient de nervosit\u00e9 en voyant se pr\u00e9ciser la masse humaine drap\u00e9e de cette couleur sanguine. Bient\u00f4t, ils ne furent plus qu&rsquo;\u00e0 trois m\u00e8tres. Puis deux. Puis un m\u00e8tre. Alors, brusquement, comme si un ordre muet avait \u00e9t\u00e9 jet\u00e9, les manifestants stopp\u00e8rent. Les Milipol, visages p\u00e9trifi\u00e9s, t\u00e2chaient de trouver une contenance face aux milliers de regards scrutateurs et glac\u00e9s de ce monstre en arr\u00eat.<\/p>\n<p>Au loin, quelques \u00e9chos de sir\u00e8nes traduisaient les mouvements des v\u00e9hicules Milipol autour du quartier. Maigre soutien sonore. Sur ce boulevard d&rsquo;habitude si passant, ordinairement agit\u00e9 du bruit de la circulation et de l&rsquo;affairement quotidien au pied des gratte-ciel de verre argent\u00e9, le silence de la cohorte semblait plus terrifiant encore.<\/p>\n<p>Pourtant, petit \u00e0 petit, les Milipol, constatant que les manifestants se tenaient parfaitement calmes, se d\u00e9contractaient l\u00e9g\u00e8rement. Le sergent, toujours en arri\u00e8re du barrage de ses troupes, se demandait combien de temps ce t\u00eate \u00e0 t\u00eate grotesque allait durer.<\/p>\n<p>Soudain, le talkie-walkie gr\u00e9silla f\u00e9rocement.<br \/>\n&#8211; Des renforts ! hurla une voix. Mon commandant !<br \/>\n&#8211; Unit\u00e9 deux, interrogea la voix du commandant, que se passe-t-il ?<br \/>\n&#8211; Sur l&rsquo;avenue de la D\u00e9mocratie, r\u00e9pondit la voix tr\u00e8s agit\u00e9e. Ils sont au moins cinq mille. Il en sort de toutes les petites rues. Ils vont nous tomber dessus dans trois minutes !<br \/>\n&#8211; Du calme, reprit la voix du commandant. Unit\u00e9 un, o\u00f9 en \u00eates-vous ?<br \/>\nLe sergent approcha le combin\u00e9 de son visage.<br \/>\n&#8211; Ils ne bougent pas, mon commandant, r\u00e9pondit-il. Ils se tiennent comme des statues, et nous regardent droit dans les yeux.<br \/>\n&#8211; Des renforts, bordel ! cria de nouveau la voix de l&rsquo;unit\u00e9 deux.<br \/>\n&#8211; Combien avez-vous de manifestants ? demanda le commandant.<br \/>\n&#8211; Beaucoup trop ! r\u00e9torqua le deux. Envoyez-nous du monde, sinon je ne pourrais pas les contenir.<br \/>\n&#8211; Mon commandant ! appela le sergent. Unit\u00e9 Un au rapport. Je ne sais pas ce qui se passe, d&rsquo;un seul coup, il n&rsquo;y a presque plus personne. Il ne reste que quelques centaines de manifestants \u00e0 tout casser. On dirait qu&rsquo;ils se sont \u00e9vapor\u00e9s !<br \/>\n&#8211; Evapor\u00e9s ! beugla le commandant. Vous vous foutez de moi ! Ils ont fonc\u00e9 sur l&rsquo;avenue de la D\u00e9mocratie, et vous n&rsquo;avez rien vu ! Vous aurez de mes nouvelles, sergent !<br \/>\n&#8211; Non, mon commandant, insista le sergent, je vous assure, ils \u00e9taient l\u00e0 quand l&rsquo;unit\u00e9 deux a appel\u00e9. Ils se sont volatilis\u00e9s d&rsquo;un seul coup !<br \/>\n&#8211; La ferme, sergent ! coupa le commandant. Vous et vos hommes, foncez ! Vous fa\u00eetes le tour du Minist\u00e8re et vous venez renforcer l&rsquo;Unit\u00e9 deux en bas de D\u00e9mocratie. Au pas de charge !<br \/>\n&#8211; A vos ordres, mon&#8230;zap !<\/p>\n<p>&#8230;ne les laissez pas progresser davantage, ordonna la voix du commandant dans le combin\u00e9 noir.<br \/>\n&#8211; Il y en a partout, mon commandant, s&rsquo;inqui\u00e9ta le sergent.<br \/>\nLa compagnie de Milipol avait pris position en bas de l&rsquo;avenue, et barrait l&rsquo;acc\u00e8s au Minist\u00e8re. En face, sur toute la longueur de l&rsquo;immense quatre-voies qui descendait en pente douce au milieu des immeubles-miroir du centre-ville, une mar\u00e9e rouge, foule muette et d\u00e9termin\u00e9e, s&rsquo;avan\u00e7ait visqueusement comme une coul\u00e9e de lave, s&rsquo;appr\u00eatant \u00e0 ensevelir les f\u00e9briles fourmis des bataillons de l&rsquo;ordre sous son inexorable \u00e9lan.<br \/>\n&#8211; Si on ne fait rien, mon commandant, s&rsquo;enquit le sergent dans le talkie-walkie, on va se faire \u00e9craser. Ils sont partout !<br \/>\n&#8211; Il faut les arr\u00eater, trancha la voix du commandant.<br \/>\n&#8211; Mais comment ? murmura le sergent, incr\u00e9dule.<br \/>\n&#8211; Pr\u00e9parez-vous \u00e0 charger, sergent, ordonna la voix.<br \/>\n&#8211; Charger, mon&#8230;<br \/>\n&#8211; Pr\u00e9parez-vous, sergent, dicta le commandant d&rsquo;un ton sec. Vous leur rentrez dedans, juste un petit coup, pour les faire r\u00e9fl\u00e9chir.<br \/>\n&#8211; Si vous croyez que c&rsquo;est facile, mon comm&#8230;<br \/>\n&#8211; Je vous demande pas votre avis, sergent ! trancha la voix. Vous m&rsquo;arr\u00eatez ces rigolos, c&rsquo;est tout ! Compris ?<br \/>\n&#8211; A vos ordres, mon commandant.<\/p>\n<p>Le sergent fit signe \u00e0 ses hommes de se pr\u00e9parer. La ligne des manifestants se trouvait d\u00e9sormais \u00e0 une cinquantaine de m\u00e8tres, glis-sant toujours d&rsquo;un pas tranquille et assur\u00e9. Quelques badauds se trouvaient encore sur les bords de l&rsquo;avenue. Le sergent envoya l&rsquo;un de ses Milipol pour les faire d\u00e9guerpir avant l&rsquo;assaut.<br \/>\n&#8211; Circulez ! jeta le Milipol aux passants stationn\u00e9s sur le trottoir. Ca risque de devenir m\u00e9chant !<br \/>\n&#8211; Non mais oh ! protesta l&rsquo;un des spectateurs, un grand maigre un peu vo\u00fbt\u00e9. Ca va pas, les flics ! Pour une fois qu&rsquo;y en a qu&rsquo;osent dire&#8230;<br \/>\n&#8211; Circulez ! insista le Milipol, en agrippant l&rsquo;homme par la manche.<br \/>\n&#8211; Affameur ! r\u00e9torqua l&rsquo;homme. Vous, les flics, vous z&rsquo;en foutez, vous avez \u00e0 bouffer ! Et puis l\u00e2chez-moi, d&rsquo;abord. Affameur !<br \/>\n&#8211; Oui, l\u00e2chez-le, dit la femme qui se tenait \u00e0 c\u00f4t\u00e9. On en a super-marre, nous ! On veut bouffer ! Affameur !<\/p>\n<p>La charge des Milipol mit fin \u00e0 la discussion. Les rang\u00e9es d&rsquo;hommes d\u00e9ferl\u00e8rent en courant devant le groupe de badauds, bouclier en avant et matraque lev\u00e9e, et all\u00e8rent se heurter aux premi\u00e8res lignes des mani-festants. Imm\u00e9diatement derri\u00e8re les Milipol se pressaient les plus intr\u00e9pides des photographes et des cam\u00e9ramen, dans la g\u00eane des sacs port\u00e9s en bandouli\u00e8re qui dansaient autour de leur taille au rythme de leur foul\u00e9e. La m\u00eal\u00e9e \u00e9tait confuse, capharna\u00fcm de robes rouges et d&rsquo;uniformes gris sombre. Les deux badauds, lib\u00e9r\u00e9s de leur garde-chiourme qui avait rejoint la charge, admiraient de loin ce divertissement inesp\u00e9r\u00e9.<br \/>\n&#8211; Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;ils leur mettent ! jubila la femme. Crevez-les, ces affameurs ! encouragea-t-elle.<br \/>\n&#8211; Ben \u00e7a ! s&rsquo;exclama l&rsquo;homme, voyant un Milipol tourbillonner en l&rsquo;air.<br \/>\nLe Milipol, comme projet\u00e9 par une catapulte \u00e0 plus de cinq m\u00e8tres de hauteur, d\u00e9crivit plusieurs tours et vint s&rsquo;\u00e9craser d&rsquo;un son mat sur le goudron, \u00e0 quelques pas des curieux. La t\u00eate du Milipol n&rsquo;\u00e9tait plus que sang. Le couple s&rsquo;approcha, constata que le malheureux voltigeur \u00e9tait mort. Aussit\u00f4t, comme attir\u00e9s par l&rsquo;odeur fade, des photographes et un cameraman se bousculaient autour du cadavre, se r\u00e9jouissant \u00e0 l&rsquo;avance de la qualit\u00e9 des clich\u00e9s.<\/p>\n<p>Cependant, une nouvelle vague de Milipol chargeait. La bataille devenait terrible, mais aucun camp ne semblait prendre l&rsquo;avantage. Le couple, serr\u00e9 l&rsquo;un contre l&rsquo;autre, observait, h\u00e9b\u00e9t\u00e9, ce spectacle assassin qui ne les amusait plus. Devant eux, deux Milipol revenaient sur l&rsquo;arri\u00e8re, tenant prisonnier un manifestant en robe rouge. Le cam\u00e9raman, d\u00e9laissant le cadavre encore frais, se jeta devant eux et commen\u00e7a d&rsquo;enregistrer la sc\u00e8ne. Le manifestant s&rsquo;adressa \u00e0 la cam\u00e9ra qui le filmait :<br \/>\n&#8211; Nous sommes partout ! cria-t-il. Bient\u00f4t les affameurs seront chass\u00e9s ! Nous sommes partout ! Et depuis toujours !<br \/>\n&#8211; Ta gueule, connard ! jura le Milipol. Et toi, arr\u00eate ta cam\u00e9ra ! ordonna-t-il au journaliste.<br \/>\nLe Milipol fit signe \u00e0 ses coll\u00e8gues de venir pr\u00eater main forte. Deux grands costauds en uniforme fondirent alors sur le journaliste, et lui arrach\u00e8rent sa cam\u00e9ra. Les coups pleuvaient sur la t\u00eate du reporter, tandis que l&rsquo;un des Milipol d\u00e9truisait \u00e0 grands coups de matraque le superbe mat\u00e9riel de t\u00e9l\u00e9vision. La cam\u00e9ra \u00e9tait en pi\u00e8ces.<br \/>\n&#8211; Vous n&rsquo;avez pas le droit, hurla le journaliste dans un cri d&rsquo;impuissance.<br \/>\n&#8211; Ta gueule, connard ! cria le Milipol d&rsquo;un ton autoritaire, ponctuant son discours d&rsquo;un poing muscl\u00e9 dans la m\u00e2choire du protestataire.<br \/>\nSao\u00fbl\u00e9 de coups, le reporter vint s&rsquo;\u00e9crouler au pied du couple, dans les d\u00e9bris de sa cam\u00e9ra.<br \/>\n&#8211; Et vous, circulez, on vous a dit ! grin\u00e7a le Milipol. CIR-CU-LEZ ! C&rsquo;est clair, non ?<br \/>\n&#8211; Allez, viens, dit l&rsquo;homme en serrant la femme sous son bras. C&rsquo;est pas \u00e7a qui va nous donner \u00e0 manger&#8230;<br \/>\nIls s&rsquo;\u00e9loign\u00e8rent \u00e0 travers les petites rues, abasourdis par les violences auxquelles ils venaient d&rsquo;assister. Sur l&rsquo;avenue, le journaliste, encore groggy, avait p\u00e9niblement r\u00e9ussi \u00e0 se remettre sur les genoux, et tentait de rassembler les restes de sa cam\u00e9ra, au milieu des vagues de Milipol qui s&rsquo;\u00e9lan\u00e7aient par charges successives \u00e0 l&rsquo;assaut des&#8230;zap !<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Gr\u00e9goire Mar\u00e9chal<\/em><\/p>\n<p>(texte int\u00e9gral disponible sur demande)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un temps futur, la catastrophe \u00e9cologique a r\u00e9pandu la famine. 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