Atelier du 8 juin 2024 : les ressorts comiques

Les inscriptions sont ouvertes :
https://www.helloasso.com/associations/les-anes-sensibles

Libre d’écrire – atelier d’écriture des Ânes sensibles.

Quand ? Le samedi de 15h à 17h.

Quoi ? Des exercices d’écriture faciles et créatifs, pour développer son imaginaire et affirmer son style. Certaines séances seront thématiques.

Où ? Rue de la Roquette à Paris, 11e.

Vain rouge

Une salle de musée. Au centre, sur un piédestal, une bouteille peinte en bleu.

M entre, s’approche du piédestal, lit le cartel, recule pour mieux admirer « l’œuvre » en émettant des petits « hm hm » approbateurs.

P entre, observe, s’approche du piédestal, lit le cartel.

P. – (lisant) Vain rouge.

P observe un instant. P et M échangent des regards.

P. – (amusé) Vain rouge.

P demeure pensif.

P. – (outré) Vain rouge.

P tourne autour de la bouteille, dubitatif.

M. – (admiratif) Quelle œuvre !

P. – (prenant M à témoin) Franchement ! Vain rouge.

M. – C’est très contemporain.

P. – Certes. Enfin tout de même ! C’est…

M. – Très conceptuel.

P. – Conceptuel ?

M. – Et très convaincant, je dois dire. Ce « Vain rouge » est tout à fait…

P. – Conceptuel !… Contemporain… Convaincant… Autrement dit, tout ce qui commence par con !

M. – Ecoutez, Monsieur, si vous n’aimez pas l’art, n’en dégoutez pas les autres.

P. – De l’art, ça ? Vous ne voyez pas qu’ils se foutent de la gueule du monde ?  Vain rouge ! Ecrit « v-a-i-n ». « V – A – I – N ! » Tu parles d’un concept ! Vain rouge. C’est facile, les petits jeux de mots à la con. Et pourquoi pas une bouteille peinte en rouge, avec écrit Vain blanc ? Quand je pense qu’ils ont dû payer ça cent mille ou deux cent mille euros ! Et avec votre pognon, en plus, comme disait Coluche. Et pourquoi pas une bouteille verte, vain rosé ! Encore plus fort : une bouteille en plastique, à côté d’une bassine remplie d’eau, et vous appelez ça « bord d’eau ». En deux mots. Bord d’eau. Si vous voulez de l’art, je vais vous en faire, moi. Dix fois par jour !

M. – Faites, faites…P. – Vous croyez que je n’en suis pas capable ?

(à suivre… texte intégral sur demande)

Recyclage salle 11

Dans une salle d’attente, un jeune homme, Luc, est assis, l’air nerveux, un dossier sur les genoux.  Une jeune femme, Emeline, entre, tenant des papiers à la main.

EMELINE. – Pardon monsieur, c’est bien ici la salle onze ?

LUC. – Vous venez pour votre attestation de conformité ?

EMELINE. – Oui.

Emeline s’assied avec hésitation, observe autour d’elle.

LUC. –  C’est votre première fois, on dirait.

EMELINE. – (Acquiesçant avec angoisse) Hm. Et vous ?

LUC. – C’est ma troisième.

EMELINE. –  La troisième ? Mais alors si… si vous… si vous…

LUC. –  Recyclage.

EMELINE. –  C’est terrible ! Pourtant vous avez l’air… vous semblez… tout à fait…

LUC. –  J’ai un déficit de longueur dans le bras gauche. Il me manque presque un demi-centimètre par rapport au bras droit. J’ai beau faire de la rééducation…

EMELINE. –  Un demi-centimètre ? C’est horrible ! Comment faites-vous ?

LUC. –  C’est dur, mais j’ai appris à compenser. Et puis je fais des exercices d’allongement deux fois par jour. J’ai bon espoir.

Entre un médecin en blouse blanche. Luc se lève précipitamment, quasiment au garde-à-vous.

LE MEDECIN. – (A Emeline, mécaniquement) Dossier.

(à suivre… texte intégral sur simple demande)

La méthode Verville

Les personnages V, B et O peuvent être joués indifféremment par des hommes ou des femmes, dont l’âge importe peu. Le cas échéant, féminiser les phrases et les références mari-femme.

B. – Vous en faites une tête ! Qu’est-ce qui vous arrive ?

V. – J’ai reçu une lettre.

B. – Ben mon vieux, ça devait être une sacrée lettre !

V. – Une lettre anonyme.

B. – Ca alors ! Et qu’est-ce qu’elle disait cette lettre ? Menaces ? Délation ? Chantage ?

V. – C’est une demande de rançon.

B. – Ah la vache ! Ils ont kidnappé votre femme ? Votre fille ? Ils vous menacent de les torturer ? De les violer ? Je suis sûr qu’ils vous proposent de leur couper un doigt ou une oreille pour prouver qu’elles sont vivantes. Les salauds !

V. – Non, ils n’ont kidnappé personne.

B. – Ben ? Comment ça ?

V. – Justement. C’est ça qui est angoissant.

Silence.

B. – Enfin, qu’est-ce qu’il y avait, au juste, dans cette lettre ?

V. – « Il vous reste quarante-huit heures pour verser la rançon, sinon… »

B. – Sinon quoi ?

V. – Sinon… rien.

B. – Comment ça, « sinon rien » ? Ca veut rien dire, « sinon rien ». « Il vous reste quarante-huit heures pour verser la rançon, sinon rien » ? C’est une blague ?

V. – Non, ils n’ont pas dit « sinon rien ». Ils ont dit « sinon… » et puis trois petits points. Sinon trois petits points.

B. – Sinon… trois petits points ?

V. – Exactement. Sinon… (mimant les trois petits points).

B. – Ca change tout. C’est pas du tout pareil que « sinon rien ». Sinon… (mimant les trois petits points). C’est complètement différent. C’est…

(à suivre – texte intégral disponible sur simple demande.)

Atelier du 25 mai 2024 : les dix commandements du clown

Les inscriptions sont ouvertes :
https://www.helloasso.com/associations/les-anes-sensibles

Libre d’écrire – atelier d’écriture des Ânes sensibles.

Quand ? Le samedi de 15h à 17h.

Quoi ? Des exercices d’écriture faciles et créatifs, pour développer son imaginaire et affirmer son style. Certaines séances seront thématiques.

Où ? Rue de la Roquette à Paris, 11e.

Atelier du 27 avril 2024 : l’ Antagoniste

Atelier du 27 avril 2024 : l’ Antagoniste

Le « méchant » doit-il vraiment être méchant ?

Les inscriptions sont ouvertes :
https://www.helloasso.com/associations/les-anes-sensibles

Libre d’écrire – atelier d’écriture des Ânes sensibles.

Quand ? Le samedi de 15h à 17h.

Quoi ? Des exercices d’écriture faciles et créatifs, pour développer son imaginaire et affirmer son style. Certaines séances seront thématiques.

Où ? Rue de la Roquette à Paris, 11e.

Comment ? Limité à 8 participants par séance, pré-inscription obligatoire. Venez avec de quoi écrire (ordinateur, stylo et papier, marbre et burin….)

Combien ? 5€ par séance, intégralement renversés à l’association des Ânes sensibles.

Qui ? Animés par Grégoire Maréchal, auteur de théâtre et nouvelles.

Réservation avec pré-paiement indispensable :
https://www.helloasso.com/associations/les-anes-sensibles

Atelier du 6 avril : le « parler » du personnage

Savoir faire parler vos personnages !

Les inscriptions sont ouvertes :
https://www.helloasso.com/associations/les-anes-sensibles

Libre d’écrire – atelier d’écriture des Ânes sensibles.

Quand ? Le samedi de 15h à 17h.

Quoi ? Des exercices d’écriture faciles et créatifs, pour développer son imaginaire et affirmer son style. Certaines séances seront thématiques.

Où ? Rue de la Roquette à Paris, 11e.

Comment ? Limité à 8 participants par séance, pré-inscription obligatoire. Venez avec de quoi écrire (ordinateur, stylo et papier, marbre et burin….)

Combien ? 5€ par séance, intégralement renversés à l’association des Ânes sensibles.

Qui ? Animés par Grégoire Maréchal, auteur de théâtre et nouvelles.

Réservation avec pré-paiement indispensable :
https://www.helloasso.com/associations/les-anes-sensibles

L’heure c’est l’heure

 – C’est insupportable. Encore une demi–heure de retard ! J’en ai vraiment marre de toi.
Tu as eu mon message ? Bien sûr que non.
Figure-toi que moi je suis arrivé dix minutes en retard, pour une fois.
Dix minutes.
Du coup je t’ai envoyé un message. Au cas où.
Je me disais, dix minutes, sait-on jamais, peut-être qu’il sera là, pour une fois.
Je ne voulais pas que tu t’inquiètes.
Je suis sûr que tu l’as même pas lu, mon message.
Franchement, tu vois, je me demande. Je me demande comment tu fais.
Pour être toujours en retard, comme ça. Il faut quand même le faire exprès.
Tu le sais, en plus ! Tu le sais que tu es toujours en retard. Alors !
C’est quoi ? C’est un problème psychologique ?
Non mais c’est vrai, à ce stade, c’est maladif. C’est psychosomatique. C’est Freudien. C’est qui le problème ? Ton père ? Ta mère ? C’est qui, que tu veux symboliquement faire attendre ? Et moi là-dedans ? Hein ? Je compte pour quoi ?  C’est pour me faire chier ? Pour m’emmerder ?
Tu le sais, que je ne supporte pas ça. Tu veux m’énerver ? Tu veux me foutre en boule, c’est ça ? Eh bien bravo. C’est réussi. Beau travail !
Tu pourrais… Je sais pas moi…
C’est quand même pas si difficile.
En plus, tu as une montre, ton téléphone, il y a des pendules partout…
Tu as un cerveau, quand même ! Tu es débile, ou quoi ? C’est si difficile de lire une pendule ? L’heure ? Hein ? Tu sais la lire, l’heure !
Et prévoir le temps de trajet ! Tu vas pas me dire que tu ne sais pas le temps qu’il faut.
Il faut exactement dix – sept minutes de chez toi à ici, en métro.
Bon, disons, dix-huit minutes, maximum. Tu prends deux minutes de rab, par précaution, et voilà.
Vingt minutes. Tu pars vingt minutes avant. Et comme ça t’arrive à l’heure !
Tiens, tu vois, en calculant, je viens de me rendre compte ! Une demi-heure de retard, ça veut dire qu’à l’heure du rendez-vous, tu n’étais pas encore parti de chez moi !  De chez toi, je veux dire !
Et moi qui avait dix minutes de retard.
En fait, ça veut dire que, exactement, au moment où je suis arrivé ici, avec mes dix minutes de retard, toi, tu sortais de chez toi. Non mais tu te rends compte ? Alors ? C’est quoi le problème ?
Mais dis quelque chose, bordel !
Tu es devenu muet, en plus d’être débile ? Alors ?
Parle, nom d’un chien.

 – Je croyais…

 – Quoi, je croyais ? Tu croyais quoi ? Que le rendez-vous était chez toi ? On ne va jamais chez toi. Tu le sais. Alors ?

 – Je croyais que tu avais compris…

 – Que j’avais compris ? Que j’avais compris quoi ? Que tu serais en retard ? Ca, oui, depuis le temps que je te connais, j’ai bien compris que tu es toujours en retard. Mais tout de même, trente minutes, il faut pas exagérer !

 – Le problème, ce n’est pas les trente minutes.

 – Ah ! Ca, effectivement, je comprends bien que pour toi, trente minutes, c’est vraiment pas un problème. Franchement, je ne sais pas comment je fais pour…

 – Ce que je voulais dire…

 – Oui ! Eh bien ! Vas-y ! Dis-le ! Explique-toi ! Parce que là je commence à bouillir…

 – Je croyais que tu avais compris…

 – Compris quoi ?

 – Laisse-moi parler, s’il te plait.

 – Je ne fais que ça, de te laisser parler. Vas-y ! Je t’écoute ! Je suis toute ouïe.

 – Je croyais…

 – Tu l’as déjà dit.

 – Je croyais que tu avais compris…

 – Compris quoi, bordel ?

 – Je croyais… que tu avais compris… que je n’avais plus envie de te voir.

 – Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?

 – C’est ce que je te dis. Je croyais que tu avais compris.

 – Que j’avais compris ? Que j’avais compris que tu n’avais plus envie de me voir ?

 – Oui. Je croyais. Je croyais que ça avait été clair, la dernière fois.

 – Ah ouais ? Bon… Peut-être. Si tu n’as plus envie de me voir, je peux comprendre.

 – Eh bien, tu vois… Quand tu veux….

 – OK. D’accord. N’empêche que c’est pas une raison pour arriver en retard !

Grégoire Maréchal

Le roi du monde

E. – Dis, madame, pourquoi tu as des plumes ?

D. – Pour pouvoir voler.

E. – Tu es un oiseau ? Tu ne ressembles pas à un oiseau.

D. – Je suis la femme-oiseau.

E. – Et qu’est-ce que tu fais ?

D. – Je fais naitre les rois.

E. – Je croyais que les rois, ils devenaient rois parce qu’ils étaient le fils du roi.

D. – C’est vrai. Mais il faut bien un premier roi.

E. – C’était qui, le premier roi ?

D. – Nabuchodonosor.

E. – C’était qui ?

D. – Le roi de Babylone.

E. – C’est où, Babylone ?

D. – Au Moyen-Orient. A côté de l’Arabie.

E. – Il est mort ?

D. – Bien sûr, c’était il y a très longtemps.

E. – Et son fils, à Nabudonosor, il est devenu roi ?

D. – Nabuchodonosor. Oui, son fils, est devenu roi. Et son petit-fils aussi.

E. – Ils sont morts ?

D. – C’était il y a très longtemps, je te dis.

E. – Pourquoi tu es revenue ? Pour choisir un nouveau roi ?

D. – Peut-être.

E. – C’est moi, le nouveau roi ?

D. – Peut-être.

Un temps.

E. – Ca doit être difficile, d’être un bon roi.

D. – Qu’est-ce que tu ferais, si tu étais roi ?

E. – Je m’achèterai tous les jouets que je veux !

D. – Dis-donc… N’est-ce pas un peu égoïste ?

E. – Non, parce que je donnerai plein d’argent aux pauvres, pour qu’eux aussi, ils puissent s’acheter tous les jouets qu’ils veulent. Et des gâteaux, des glaces et des desserts. Et moi aussi j’achèterai plein de gâteaux, de glaces et de desserts. Pour que tout le monde ait plein à manger et plein de jouets.

D. – C’est très généreux.

E. – Oui. Parce que je voudrais être un bon roi.

D. – Mais… si tout le monde achète plein de jouets, et mange plein de gâteaux… Il va falloir fabriquer beaucoup de jouets. Et cuisiner beaucoup de gâteaux. Ca va faire beaucoup de plastique. Et beaucoup de farine, d’œufs, et de sucre.

E. – Forcément. C’est normal.

D. – Dis-moi… Tu ne crois pas qu’au bout d’un temps, les gens en auront assez de s’amuser avec les mêmes jouets ? Et de manger des gâteaux tous les jours ?

E. – Eh bien, je dirai à mes ingénieurs de fabriquer des jouets encore plus rigolos, et aux cuisiniers d’inventer des nouveaux gâteaux.

D. – Avec encore plus de plastique ? Et encore plus de farine, d’œufs, et de sucre ?

E. – Evidemment ! Mais surtout du sucre, et pas trop de farine.

D. – Et après ?

E. – Après, les gens diront que je suis le meilleur roi du monde. Meilleur que le roi de Babylone. Meilleur que tous les rois qui ont existé. Parce que tous les gens auront tous les jouets et tous les gâteaux qu’ils veulent. Et dans mille ans, on dira encore que j’ai été le meilleur roi de tout l’univers.

D. – Comment ce sera, la terre, dans mille ans ?

E. – Ce sera encore mieux qu’aujourd’hui.

D. – Avec encore plus de jouets ? Encore plus de gâteaux ?

E. – Bien sûr.

D. – Et… dis-moi… tous les jouets qui auront été fabriqués pendant ces mille ans… Que seront-ils devenus ?

E. – Ben, ils seront à la poubelle ! On va pas garder des vieux jouets pendant mille ans. On est pas des idiots.

D. – Il faudra une grande poubelle, alors. Une très grande poubelle.

E. – Une poubelle pour mille ans ! Voilà ce que je vais construire. Quand je serai roi. Une poubelle géante. Comme ça, tous les gens qui auront plein de jouets, et plein de gâteaux, quand ils devront jeter quelque chose à la poubelle, ils le mettront dans la poubelle géante, prévue pour mille ans.

D. – Et dans mille ans, que se passera-t-il ?

 E. – Dans mille ans, on dira que j’ai été le roi qui a inventé la plus grande poubelle de l’univers !

Les amis sont formidables

 
Stages de clown – Silvia Rossini

Le clown n’est pas un personnage qui se fabrique, c’est un être innocent et sincère qui est en chacun de nous…

12 et 13 janvier 2019
9 et 10 mars 2019
22 et 23 juin 2019

>> Renseignements et inscriptions

 
 
  
 
Angle mort – Julien Tesgui

Le témoignage d’un clown sur sa condition tragique, en réponse à des questions qu’il a toujours voulu se poser.

« C’est important la confiance, c’est ce qui fait qu’on marche sur ses deux pieds ou qu’on roule sur ses quatre roues. Tenez pour vérifier que je peux bien prendre une rue à droite, je contrôle mes rétroviseurs, jusque là ça va, mais pour l’angle mort je ne me contente pas d’un petit regard furtif, je me tourne à 180°… »

Ecrit et interprété par Julien Tesgui
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